DPE F ou G : par où commencer les travaux de rénovation énergétique
Un logement classé F ou G au diagnostic de performance énergétique pose un problème concret aux propriétaires bailleurs : le calendrier de la loi Climat et Résilience restreint progressivement la mise en location des biens les plus énergivores. Reste à savoir par quoi commencer, car tous les travaux n’ont pas le même effet sur l’étiquette.
Commencer par un audit, pas par un devis
Avant d’engager la moindre dépense, il faut identifier d’où viennent réellement les pertes. Un audit énergétique, obligatoire pour les monopropriétés classées F ou G mises en vente, chiffre les déperditions poste par poste et propose des scénarios de travaux avec le gain de classe associé.
C’est ce document qui évite l’erreur la plus fréquente : remplacer une chaudière dans un logement dont les murs ne sont pas isolés. Le confort s’améliore un peu, la facture reste élevée, et l’étiquette bouge à peine.
Vérifier l’état des murs avant toute isolation
Dans les logements anciens, l’humidité est fréquente et souvent sous-estimée. Les remontées capillaires, dues à l’absence de coupure d’étanchéité à la base des murs, se repèrent au salpêtre, aux enduits qui cloquent et aux plinthes qui se décollent.
Ce point doit être traité en amont. Un mur humide conduit mieux la chaleur qu’un mur sec, ce qui dégrade la performance de l’isolant posé par-dessus. Poser une isolation sur une maçonnerie saturée revient à emprisonner l’eau dans la paroi. Le traitement de l’humidité des murs, généralement par injection d’un produit hydrophobe, est donc un préalable et non une option.
Les murs, premier poste de déperdition après la toiture
Une fois la maçonnerie assainie, l’isolation des parois est le levier le plus efficace sur l’étiquette. Les murs représentent en moyenne entre 20 et 25 % des pertes de chaleur d’une maison individuelle, juste derrière la toiture.
Pour un bien destiné à la location, l’isolation thermique par l’extérieur présente deux avantages décisifs. Elle supprime les ponts thermiques que l’isolation intérieure laisse subsister, ce qui pèse dans le calcul du DPE. Et surtout, elle n’ampute pas la surface habitable : sur un T2, dix centimètres d’isolant posés à l’intérieur de chaque mur de façade coûtent plusieurs mètres carrés, donc du loyer.
Elle protège par ailleurs la façade des variations de température et remplace un ravalement qu’il aurait fallu financer séparément.
L’ordre à respecter
Dans la majorité des situations, la séquence la plus rentable est la suivante : traiter l’humidité, isoler la toiture, isoler les murs, remplacer les menuiseries si elles sont en simple vitrage, puis seulement changer le système de chauffage et la ventilation.
Ce dernier point compte : un logement bien isolé accepte un équipement moins puissant, donc moins coûteux. Faire l’inverse conduit souvent à surdimensionner l’installation.
Pour savoir quels travaux s’appliquent à un bien précis, un diagnostic sur place reste indispensable. Les propriétaires peuvent demander une évaluation gratuite de l’état de leurs murs et de leur façade.